Compteur de syllabes
Tapez ou collez vos vers, un par ligne : chaque vers est compté selon les règles de la versification, et les cas douteux sont signalés.
Syllabes
Comment ça marche
En poésie française, on compte les voyelles prononcées, et non les syllabes de la conversation. La grande affaire est le e muet : il compte devant une consonne (« la nuit tom-be »), il s’efface devant une voyelle ou un h muet (« un-e aube » fait deux syllabes, pas trois), et il ne compte jamais en fin de vers ni après une voyelle (« la vie », « pensée »). Les terminaisons -es et -ent des verbes comptent comme lui devant une consonne, mais ne s’élident pas.
Certains groupes de voyelles se disent en une syllabe (synérèse : « lion », « nuit ») ou en deux (diérèse : « li-on », « nu-it »). Le choix appartient au poète : l’outil applique l’usage classique, diérèse après deux consonnes (« cri-er ») et dans -ion ou -ieux, et donne la fourchette des deux lectures. Les e muets non comptés sont barrés, les groupes douteux soulignés.
| Vers | Syllabes | Pourquoi |
|---|---|---|
| La nuit tombe | 3 ou 4 | La nuit tom|be : e compté devant une consonne |
| Une aube | 2 | U|ne au|be : e élidé devant une voyelle, muet en fin de vers |
| la vie | 2 | la vie : e muet après voyelle, jamais compté |
| un lion | 2 ou 3 | li|on (diérèse) ou lion (synérèse) |
Exemple concret
Votre classe écrit des haïkus, et un élève propose celui-ci, d’après Bashō :
Le premier vers est juste : « vieil » se dit en une syllabe. Le deuxième en a 6 : le e de « grenouille » s’élide devant « y ». « Une grenouille s’y plonge » en fait 7, car devant « s’y » le e compte. Le troisième n’en a que 4 : « Le doux bruit de l’eau » en fait 5.
Questions fréquentes
Comptez les voyelles prononcées, mot après mot, jusqu’à 12. Comptez le e muet devant une consonne, effacez-le devant une voyelle ou un h muet, ignorez-le en fin de vers. « Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne » : De-main-dès-l’au-b(e)à-l’heu-r(e)où-blan-chit-la-cam-pagn(e), soit 12.
Devant un mot qui commence par une consonne ou un h aspiré : « une femme », « la haine ». Il ne compte pas devant une voyelle ou un h muet (élision : « une âme »), ni en fin de vers, ni après une voyelle dans le mot (« la joie », « elles jouent »).
Deux façons de prononcer deux voyelles qui se suivent. La synérèse les fond en une syllabe (« lion »), la diérèse les sépare en deux (« li-on »). En poésie classique, la diérèse est de règle après deux consonnes (« ou-vri-er ») et dans les mots en -ion. Le poète choisit selon le compte du vers.
C’est le modèle le plus répandu à l’école : trois vers de 5, 7 et 5 syllabes. Les syllabes japonaises (mores) sont plus courtes que les nôtres, et beaucoup de poètes francophones écrivent des haïkus plus courts, autour de 12 syllabes en tout. Le 5-7-5 reste une bonne règle pour s’exercer.
Source
Règles du compte syllabique : M. Grammont, Petit traité de versification française ; J. Mazaleyrat, Éléments de métrique française. Le compte est automatique : il se trompe parfois sur un mot rare (e muet après un mot étranger, -ent d’un verbe inconnu) ; la fourchette signale les lectures possibles.